Horreur

Article rédigé au soir de l'élection.

L'horreur, c'est le sentiment froid qui me prend ce soir vers 20h.
C'est le titre du livre que je finissais à ce moment.
Mais pourquoi cette horreur ?


Sans doute parce que nous y allons tous tête baissée et que comme le dit le camarade CSP, nous avons officiellement enterré l'écologie (et ce n'est pas Cohn Bendit qui me contradira... sic) et son parti, les Verts.
Sans doute également parce que la plupart des indicateurs étant au rouge, nous avons voté bleu, le bleu de l'espoir ?
Je penchais plutôt pour le bleu de la peur.
La peur irrationelle, celle du premier degré de réflexion, fabriquée, celle de l'autre qui nous menace, celui qui est juste à côté de toi et qui, chômeur, étranger ou fonctionnaire, te pompe l'air et nique ton soleil. Celui qui ne paie pas son billet de train alors que toi oui.

La vraie peur est ailleurs, nous l'avons écartée depuis longtemps. Celle qui te demande de couper un instant le cordon ombilical de la télé, de se poser et de regarder autour. Cette peur qui devrait être animale plus qu'humaine, nous l'avons ignorée et noyée dans des slogans de pub areva et des contre-sens tels que "développement durable" ou "guerre propre". Cette peur, Claude Marie Vadrot essaie de nous l'enseigner dans un sens.

En parlant de sens, si les nôtres étaient en alerte, nuos ne pourrions pas continuer à élire ceux qui nous tuent, ceux qui ont systématiquement favoriséles interêts financiers avant ceux de la population et de la nature. Pas la population d'aujourd'hui, dont le ventre est repu de télé, voiture, foot, vacances au soleil et toujours plus de trucs à acheter. Non, la population qui devra se demmerder avec nos merdes, notre air irrespirable, les cancers, les dechets radioactifs... etc.
L'écologie est morte avec les Verts avec Hulot et Bové, et TF1 a gagné, le Point a gagné, l'Express, le Figaro et j'en passe.


Alors on va faire semblant de croie encore que plus de croissance, plus de baisses de charges, plus de pouvoir d'achat, plus de sécurité, on va licencier, on va manifester on va hurler mais...

... on continuera à aller au supermarché en bagnole, à acheter des tomates en hiver, des lingettes pour le sol, de l'eau en bouteille, des produits chimiques qu'il est déconseillé de respirer (mais recommandé de balancer partout chez nous).

... on continuera à flinguer la planète de nos enfants consciencieusement en blâmant les autres, en critiquant le gouvernement, en espérant ne pas avoir un cancer trop tôt (on peut rêver) et on consommera toujours plus car le progrès c'est l'avenir et que mon bon monsieur vous voulez quoi, revenir à la bougie ?

Allons voter social-libéral, accomodons nous du moins pire pour éviter le pire et regardons brûler la maison... ça ne changera rien.

4 comments:

comité-de-salut-public said...

Aaaahhhh, mais nonnonnon! On s'accomode pas! No fucking way!Voter la Cruche, pas le choix. Mais il y'a APRES.Et si le pire advient, ça ne sera pas le moment de baisser les bras. Au contraire! Alors, ça a l'air un peu volontariste, ce que je dit, et alors?
Tous ensemble, adoptons la "GRR!" attitude.

coco_des_bois said...

On s'accomode forcément ... au moment du vote.
Mais comme tu dis on doit continuer à faire grr ;)

Antoine said...

C'est triste mais c'est juste...
Moi aussi je suis triste des scores de la gauche de la gauche (et des verts...) et le pire c'est que j'y ai contribué mais crois moi, je ne regrette pas mon choix du premier tour ! ;)

coco_des_bois said...

Je regrette l'aveuglement général qui fait que la droite molle, la droite mi-molle, la droite dure et la droite mi-dure ont pris les 4 premières places, et ce en grande partie grâce aux médias.

Je ferme les yeux au second tour et je retiens mon souffle.