Responsabilité et banane


L'avantage quand on lit Le Monde Diplomatique (outre une présence plus rare de pub) c'est qu'on a de la lecture pour un moment, et ça tombe bien, puisque le journal sort tous les mois, et en plus il coûte 4 euros. Cela dit, on en a pour son argent comme on dit (on le dit plus beaucoup, mais on s'en tape), c'est pas le genre de journal que vous pouvez lire en 20minutes chrono pour plusieurs raisons : c'est en général pas trop mal écrit, et un rien complexe (ce qui ne veut pas dire tordu) et il y a de la bibliographie, qui vous permet d'élargir vos infos si besoin. Alors bien sûr, c'est pas un quotidien, et il est pas gratuit, et il ne donne ni la météo, ni le programme télé et encore moins l'actu de people, mais étant donné qu'il est assez "touffu", vous pouvez lire les articles tranquillement, pas pressé, vous avez un mois.
Du coup, chaque jour ou presque, j'ai pas mal de bases de réflexion (j'en ai en dehors de ça, comme un grand projet secret de système automatique d'enlevage de poils de chats blancs d'un manteau en feutre noir, mais c'est encore en phase d'étude) et du coup j'ai des trucs à dire ici même... en dehors des nombreuses digressions j'entends.

Donc, un peu pris dans les débats qui s'agitent sur le monolecte, je lis ce matin un article sur la banane, ou plutôt sur le marché de la banane d'Amérique du Sud.
J'en viens à mon propos qui est la responsabilité de chacun.

Chaque jour ou presque je me demande ce que je peux faire pour changer les choses qui me semblent injustes (attention à l'interprétation, le qualificatif n'engage que moi). J'ai déjà quelques habitudes, mais bon, en référence à l'article cité plus haut, je pense que chacune de nos actions engage notre responsabilité. Beaucoup sont induites par notre société et on y peut pas grand chose, mais beaucoup d'autres relèvent de l'action personnelle.

La banane en question regroupe un bon nombre de facteurs qui me semblent essentiels aujourd’hui dans une réflexion politique et sociale :


  • Dumping social dans le seul but d’améliorer la rentabilité d’une activité

  • Monoculture d’un (plusieurs) pays pauvre qui a déjà des problèmes de nourriture

  • Désastres environnementaux liés à cette monoculture et à son « intensivité »

  • Catastrophe du marché mondial qui impose des prix via les multinationales

  • Production à destination de pays non producteurs toute l’année et consommation dans ces pays de façon irresponsable


J’en oublie sûrement…

Mondialisation :
Ici, on retrouve un peu le schéma des pays en actuelle retournement comme le Venezuela, mais encore pire : des multinationales Américaines (pays qui ne produit pas de banane) imposent des prix et donc des conditions de travail et de production à des pays qui ne profitent pas de cette activité (contrairement à ce que prétendent les tenants de la mondialisation).

Consommation :
Les européens consomment tous les jours toute l’année, des bananes dont ils ignorent l’origine (elle peuvent provenir d’Afrique, mais à part des différents EU-USA, les principes sont les mêmes) et qui alimentent les différents points négatifs cités plus haut.

C’est là que la responsabilité intervient
Je pense que chacun peut mettre un frein énorme à sa consommation de tout ce qui n’est pas produit en France, je pense que ces activités sont tout sauf une bénédiction pour ces pays qui n’ont pas besoin de ça pour se développer pour les raisons évoquées, je pense qu’un ralentissement de la consommation peut avoir un effet sur les entreprises et les gouvernements pour humaniser ce genre d’activité.
L’avantage du marché des produits alimentaires, c’est que l’on a des moyens de pression, ce qui n’est pas évident au sujet du textile par exemple, essayez de trouver des fringues produites ailleurs qu’en Asie…
Voilà, je ne veux pas faire le Coffe, mais si on arrêtais de bouffer des fraises en hiver sous prétexte que c’est une de nos libertés et un des progrès indéniables apportés par l’économie de marché et le libre échange, je pense que ça changerait certaines choses.

    13 comments:

    brigetoun said...

    pas de publicité dans le Diplo ? si et d'un luxe un rien génant, comme la qualité du papier, le choix des peintres, je suis abonnée et j'ai toujours un petit sentiment de culpabilité genre "gauche caviar". Pour la banane les discussions sur le site de l'OMP (je n'ai pas la référence sous la main mais sur google on trouve tout) à Hong Kong, en vidéo sont intéressantes et assez tristement comique quand on voit les lamentations des représentants de l'Equateur et autres (bien sur l'argent v

    brigetoun said...

    va plutôt au multinationales) le calme désespoir des africains et la tgrès belle hypocrisie de l'Europe prète à lacher les carïb es et africains

    coco_des_bois said...

    hop hop hop...
    j'ai pas dit pas de pub, mais moins que dans les autres...

    Gauche caviar pour le diplo, je ne sais pas, je remarque juste qu'ils ont le mérite de faire des articles longs et argumentés, je suis souvent en accord avec les analyses d'Halimi par exemple.

    De plus, si certaines pubs sont pour le luxe et les pages émaillées d'oeuvres d'art, les encarts sont en général variés et ne me dérangent pas trop.

    Pour la qualité du papier, ben faut qu'il survive un mois le machin, c'est pas Metro, tu le jettes pas une fois ton trajet terminé...

    Mais je t'accorde que les critiques sont légitimes, le diplo fait partie du système des médias et on ne peut présumer de son indépendance d'esprit.

    ko said...

    C'est très bien, de faire son Coffe, ceci dit, hein ! Même si mon héros en la matière, c'est Périco Legas, encore plus extrémiste que l'ami Coffe...

    La Moole said...

    Je suis bien d'accord avec toi sur le principe d'arrêter de se fournir en fruits et légumes à l'autre bout du monde alors qu'on pourrait très bien les trouver ici. Ca n'aide pas ces pays et ça pollue grave de tout transporter. Moi j'ai de plus en plus de mal à appliquer ce principe depuis que je suis en Angleterre. Ils sont en train de tuer leur agriculture et c'est dur de trouver des produits qui proviennent de plus près que l'Espagne.

    coco_des_bois said...

    C'est intéressant ce que tu dis la Moole, je savais que l'angleterre avait enterré son industrie, mais je ne connais pas trop leur politique agricole. Il n'y a pas de mouvements écologistes ? paysans ?

    La Moole said...

    De plus en plus de monde ici et de moins en moins de place. Il y a bien quelques producteurs qui résistent et qui misent sur la qualité, mais les masses se voient servir en majorité des produits importés de contrées lointaines.

    Laflote said...

    Alors là Coco des bois, je suis totalement d'accord avec toi. Les fraises en hiver, c'est d'un goût :-)
    C'est marrant (enfin, façon de parler) qu'aucun d'entre vous ne parle du film Le Cauchemard de Darwin... Depuis, je n'ai plus jamais acheté de Perche du nil... Et pourtant c'est le meilleur poisson que j'ai jamais mangé. Je ne crois vraiment pas les européens, et donc les français, prêts à ne plus acheter des fringues pas chères (pour empêcher l'exploitation des enfants par exemple), ni des fraises en été... La majorité s'en tamponne et ne pense qu'à la consommation immédiate. D'ailleurs qui d'entre nous est tout à fait "blanc" là-dedans ?? Mais faire déjà quelques efforts, deci-delà et chacun à son niveau, ce serait déjà une grande victoire.

    coco_des_bois said...

    Bah écoute Laflote, au moment où j'ai vu le cauchemard de Darwin, j'en ai fait la promo tout autour de moi, ce film retourne le cerveau, c'est un truc de dingue. Après, il a subit des critiques, mais un bon indice de son degré de réalité est sa diffusion totalement ridicule, pareil pour le documentaire récent sur le tabac, les médias sont tellement conformistes que le moindre truc qui ne va pas dans leur sens mérite au mieux le dédain.

    Pour ce qui est des efforts de chacun, oui, comme toi Laflote, je vois bien que la majorité des gens s'en foutent, je parle des bananes à un collègue, hé ben ça calme :
    "nan mais si on doit se poser des questions pour ce genre de trucs, on ne vit plus" ... combien de fois je l'ai entendu ?
    "nan mais sinon on revient à l'âge de pierre"

    C'est déprimant, ça me flingue d'entendre ça, avant, j'étais inconscient, mais pas cynique, enfin je crois. Et je suis le premier à reconnaitre mes faiblesses, ma vulnérabilité face à la pub (ce qui explique mon extinction de télé définitive) mais la prise de conscience est une étape, l'action une autre, l'engagement encore une autre, chacun fait selon sa conscience et ses moyens, sa disponibilité.

    Je suis allé à une réunion d'information à Greenpeace, et c'était leur message, engagez vous, à votre niveau, dans une asso, même si ce n'est pas Greenpeace, montrez que vous pensez, montrez que vous avez des choses à dire, diffusez des tracts ou parlez autour de vous, tout le monde ne peut pas être activiste...

    ... mais ça démange ;)

    Laflote said...

    OUHLA, est-ce que tu es allé voir "V pour vendetta", toâ ???? Je suis étonnée de voir à quel point la plupart des médias en ont à peine parlé ou alors l'ont carrément descendu... Très suspect. Ou alors, ils ont transformé le propos du film...
    C'est vrai qu'il faut AGIR chacun à son niveau. Pour ma part, outre les actions de base, j'éduque mes filles dans le respect des autres, de l'environnement, d'elles-mêmes... Et puis, cet été, on accueille une pitchounette qui vient d'une famille très modeste de Bobigny... Une autre façon d'agir, je crois.
    Tout ce dont tu parles, c'est avant tout une affaire d'éducation, au sens premier du terme... E DU CA TION...

    coco_des_bois said...

    Pas vu, mais ce que tu dis me donne envie...
    peut être demain avant de partir en bretagne en vacances !

    Laflote said...

    Tu peux aussi aller lire ce que j'en ai dis dans mon blog... L'article s'appelle "V pour Vital"...
    Bonne vacances en tous cas :-)

    ko said...

    @ Laflote : petite parenthèse gustative : la perche du nil c'est boycot, mais c'est pas une perte ! Goûte plutôt le Saint-Pierre (avec le bar, ou le loup puisque tu es en Méditerrannée), c'est le poisson qui a la chair la plus fine du monde.