UMP nation



UMP, c'est le nom du gigantesque abattoir qui fournit en "viande" les fast food Mickey's dans le film Fast Food Nation.

Des millions de vaches parquées dans des enclos, bouffant de la merde transgénique en attendant d'être découpées... je trouvais l'analogie avec le parti unique de notre cher président (que son nom soit gravé en lettres de feu dans le ciel) assez ... savoureux.
ou à gerber.

Parce que ce film est à gerber, ou à pleurer, au choix, c'est un manifeste pour une société plus "humaine", et ce, en se basant uniquement sur ce simple élément de la vie de quelques personnes : la bouffe. Le fast food en particulier. Dens gens exploités depuis le Mexique, des exploités qui fabriquent de la merde (littérallement, il y a de la merde dans la viande) pour d'autres gens exploités avec leur boulot pourri, vendeur de hamburger, l'emploi de demain, souple, facile... une chaine d'éléments qui fondent ce merveilleux système capitaliste : toujours plus.

Vous faut-il plus pour arrêter d'aller bouffer ces merdes ? pour cesser de vous gaver de viande tous les jours à tous les repas ? voulez-vous ouvrir les yeux sur la totale déshumanisation de votre alimentation ? regardez ce film.

Mais avant, ou après, allez lire les critiques des "grands médias" ...
Ils n'aiment pas, il leur manque quelque chose, je sais pas quoi, on ne peut trop savoir quoi puisque de toute façon les archives de ces journaux sont payantes, bah oui, y'a pas de petit profit hein... mais ils n'aiment pas.
Allez, au hasard, le premier qui vient, de l'Huma :

C'est frustrant car les acteurs (célèbres) sont trop vite escamotés les uns par les autres, pour les besoins de la démonstration.

Ah...

Bon

Donc par exemple il aurait fallu que Bruce Willis fasse exploser un ou deux trucs au C4 pour rendre le film plus dynamique, et Vishnou sait que j'adore Bruce et ses conneries de Die Hard (allez voir le 4), mais bordel cette simple phrase est d'un telle pitoyable nullité que je brûlerais bien l'exemplaire de l'Huma que je n'ai pas.

Alors pour d'autres le problème est ailleurs :

Quelques séquences vomitives nous rappelleront bien la gravité de la situation, mais l'immaturité du propos et cette propension à faire débiter à des stars des monologues grossièrement politisés font vite oublier l'intérêt initial de Fast Food Nation.

Des séquences vomitives... c'est à dire exactement ce qui se passe dans la réalité et que personne d'habitude ne vous montre. Des monologues grossièrement politisés... c'est à dire des américains qui s'interrogent sur les méfaits du Patrioct Act qui permet à leur justice de criminaliser les écologistes au même niveau que des "terroristes".

Ou quand la presse aux ordres vous supplie de fermer les yeux. Ou quand refuser de se comporter comme une vulgaire vache de l'UMP est assimilé à de l'immaturité.
Non le film n'est pas révolutionnaire, il explique calmement ce qu'est l'horreur quotidienne qui nous entoure, qui est la toile très fine de notre vie d'occidental gavé. Il nous fait prendre conscience, sans juger et sans hurler.

Et méditez ceci : dans le film, quand les jeunes terroristes veulent faire prendre conscience aux habitants de la région des méfaits de ce mode de production, quand ils ouvrent les enclos des vaches la nuit, ils sont effarés de les voir rester sur place. Les vaches de l'UMP sont inconscientes de leur sort, incapables de se rebeller, gavées de saloperies, elles ne pensent même pas à sortir de l'enclos.

"on aurait du prendre des aiguillons"

Il faut quoi comme taille d'aiguillon pour un humain ?

Ceci est un modèle, une société que l'on peut décider de choisir ou de rejetter. Pas pour soi, mais pour l'avenir, parce que le gout artificiel d'un hamburger implique une responsabilité, celle du consommateur, la vôtre. Est-ce qu'on parle de cinéma ici, comme tentent de le faire ces pauvres journaux minables qui ont commandé 600 mots à un pigiste ? Ou parle-t-on de société ?
Nous nous sommes alignés sur ce mode de consommation, nous sommes envahis par les fast-food, et nous avons élu un président qui tire ses références du pays qui les a inventés, sur presque tous les plans.

Encore une chose, si vous avez vu "We Feed The World", vous devriez être frappés par la ressemblance entre les enclos de vaches à perte de vue et les serres de la région l'Almeria, parce que ce système d'exploitation, de surproduction, de merde, est transposable en tout domaine.

4 comments:

SexToy said...

«Il faut quoi comme taille d'aiguillon pour un humain ?»

... je crois qu'il n'y en a pas d'assez gros.

coco_des_bois said...

t'as raison chérie...

:(

emcee said...

Les sujets défilent et je suis encore d'accord (même si je ne poste pas de com', par manque de temps, je lis toujours tout avec intérêt).
Bon, cela devient de la basse flagornerie, à force. Ce n'est pourtant pas le genre de la maison.

Que dire de plus?
Je ne vais jamais dans ces trucs où la bouffe est compressée, pré-mâchée et où tout a le même goût.

Mais je suis gâtée: j'habite carrément dans un appart qui donne sur un marché quotidien où on peut acheter des produits locaux d'excellente qualité.
Quant à la bouffe, si on s'en donne la peine, cela ne prend pas beaucoup plus de temps que de décongeler un amalgame infâme tout préparé.

Question "aiguillon", je passe mon tour ;-)

Carpe diem.

Juan said...

un excellent film
merci de l'avoir mis en valeur...